Temblores (2019) Un film poignant sur l’homosexualité

C’est un film douloureux mais terriblement vrai qu’est Temblores. Pablo, père de famille guatémaltèque, est tiraillé entre sa famille qu’il aime et sa vie amoureuse homosexuelle avec Francisco. Sa famille fera le choix pour lui, puisqu’il sera obligé de suivre un programme pour se « soigner » auprès de l’église évangélique familiale. L’œuvre raconte l’histoire d’une identité, celle de Pablo, qui est brisée puis remaniée avant d’être brisée à nouveau.

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Une identité brisée

Car c’est une réflexion sur son identité et sur l’acceptation de celle-ci par la religion, que l’on observe dans ce film. En effet, le topos religieux est très présent, notamment avec des multitudes de scènes souvent beaucoup plus bruyantes et colorées que le reste du film – se passant dans des églises. On rira bien évidemment lorsqu’on sera témoin des techniques utilisées par l’église pour « signer » les homosexuels. Mais cette ambiance devient vite malsaine et nous met mal à l’aise, surtout lorsque l’on est témoin de la confusion de Pablo qui ne sait plus où aller ni quoi faire.

L’histoire, surprenante, ne nous laisse pas une seule fois deviner la fin. Et la réalisation très sombre et fixe met en lumière les émotions de Juan Pablo Olyslager (Pablo) qui joue son rôle à la perfection. Son personnage, déchiré entre l’adoration pour son amant et l’amour qu’il porte à ses enfants, sera toujours perdu, incapable de prendre des décisions. Malgré tous les efforts de Pablo auxquels on assistera pour se « soigner », on se demandera toujours s’il fait ça pour sa famille ou véritablement pour se débarrasser de son homosexualité. Les tremblements de terre, qui font écho au titre du film, sont une jolie métaphore des relations bancales et dangereuses que l’on voit à l’écran. On peut aussi songer aux pensées de Pablo qui sont un chaos faisant trembler ses racines identitaires à chaque secousse.

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Un film oppressant et réaliste

Malgré un thème déjà lourd de la religion et du harcèlement moral, Temblores y ajoute, quoique très subtilement, les violences faites aux personnes LGBTQ+ au Guatemala. On pourra alors comprendre les paroles de Francisco lorsqu’il dit « On n’est pas au Luxembourg ici » quand Pablo lui demande pourquoi il s’est fait frapper dans la rue. La réalité sombre d’une vie que Pablo ne pourra jamais apprécier le rattrape.

C’est à travers un film de plus en plus oppressant, dont l’aspect religieux nous met mal à l’aise, que cette étude de personnages poignante nous retourne l’estomac. Un film véritablement étonnant !

Supertramp

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