Los Reyes (2018) Des vies, deux chiens et un skatepark

Un documentaire surprenant qui m’avait attirée par son originalité lors de ma sélection. Los Reyes est un film tourné dans le plus vieux skatepark de Santiago (Chili). On y observe pendant une petite heure et demie deux chiens nommés Fútbol et Chola qui sont les véritables « reyes » (rois en espagnol) du lieu. Alors que la caméra est recentrée sur les deux chiens et leurs actions banales, des conversations se font entendre en arrière-plan. Ces conversations viennent d’adolescents qui viennent au skatepark et qui discutent de leurs vies, parfois mouvementées, parfois défavorisées.

Un film à thème sérieux mais avec une touche d’originalité

C’est un film curieux et surprenant puisque l’on voit peu d’humains, même si on les entend très souvent. Les thématiques traitées sont sérieuses, des idéaux sociaux qui hantent les adolescents chiliens refusant de se lancer dans de longues études. Dans un monde où il est difficile d’avoir des rêves car on a peu de chance d’avoir l’opportunité de les concrétiser, nous sommes témoins des espoirs brisés de jeunes hommes qui souhaitent vivre de leur passion : le skate. De fugues en violences policières tout en passant par le deal de drogues diverses, les adolescents racontent leurs vies. Mais, se voyant dans l’impossibilité de filmer des enfants, il faut se concentrer sur d’autres résidents : et qui de mieux que Fútbol et Chola. La caméra fixée sur les chiens les adolescents racontent, de manière naturelle et sous forme de conversations banales, des morceaux de vies .

La présence de chiens dans le film

Fútbol et Chola, ce sont deux chiens absolument adorables, que l’on ne peut qu’aduler (même si l’on n’aime pas les chiens !). Le plus vieux, Fútbol, a une bouteille dans la bouche à chaque plan, ce qui devient un sorte de running gag durant le film. On les voit jouer, se nourrir et tenter tant bien que mal de s’abriter pendant les pluies diluviennes. Je ne pense pas qu’ils soient une sorte de métaphore des adolescents ni de leurs idéaux de « liberté ». Si l’on connaît l’origine du documentaire, on se rend compte qu’ils ne deviennent le centre des caméras que bien plus tard (les deux réalisateurs voulant au départ filmer les jeunes et le skatepark en général). Les chiens sont là comme une dimension d’attendrissement. Les chiens sont là pour apporter une légèreté, et peut-être pour nous accompagner dans notre observation de la vie d’adolescents chiliens.

Los Reyes n’est pas forcément un film avec un message mais véritablement un constat, à travers deux chiens, d’histoires, de vies que l’on entendrait au détour d’une rue, d’un skatepark.  

Emma

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